MARATHON DU LUBERON

 

LES COTES LUBERON

Une course à consommer sans modération

Courir, c'est vivre! Cette maxime lue sur l'une des nombreuses pancartes qui jalonnent le parcours du marathon du Lubéron, résume à elle seule l'état d'esprit qui anime nombre de coureurs dans les pelotons. Lorsqu'au printemps, j'ai reçu les premières informations sur cette course, j'ai tout de suite été emballé par le programme mettant l'accent sur le côté festif de l'épreuve et m'inscrivais illico. Je devais d'ailleurs rencontrer l'organisateur, Michel Polin, au village marathon du Marathon de Paris, venu spécialement pour la promotion de sa course. Son but était de créer un événement sportif d'envergure, en associant les principaux acteurs économiques de la Région, à savoir les viticulteurs.

Je sens déjà poindre les sarcasmes de certains esprits chagrins, qui ne voient dans leur président qu'un amateur de courses " spéciales ", essentiellement dans des régions où la vigne pousse bien mieux que les betteraves! C'est vrai que ma passion pour la course à pied m'a amené à fouler les terres du Médoc, du Gigondas, du Lubéron, du Val de Loire, du Sancerre, de la Champagne, sans oublier bien sûr les Côtes du Roussillon, les Corbières, le Minervois et le Crémant de Limoux. Heureusement il reste encore à découvrir le Jura, le Beaujolais, la Bourgogne, le Pays Basque et son célèbre Iroulégui. Tiens, à propos d' Iroulégui , j'en profite pour vous annoncer une grande première en 1998 : mon ami J. Besson et moi-même organiserons un déplacement aux Crêtes du Pays Basque, une superbe course, début juillet, avec bandas, chants basques et tout le tralala!! Une grosse fiesta en perspective d'après ce qu'a pu me raconter Jacques BESSON et ce que j'ai eu l'occasion d'en lire au travers d'articles parus dans Jogging International. Mais revenons en à ce marathon du Lubéron, que j'ai couru en compagnie de deux amis Jean Michel BOUDY et René De SOUSA que je vous présenterai plus loin. Au fait, le Lubéron, c'est où? Pour vous éviter la fatigue de compulser un atlas de 3 kg et de risquer le lumbago en allant le chercher sur la dernière étagère de votre bibliothèque, voici la réponse : le Lubéron s'étend sur 2 départements, les Alpes de Haute Provence et le Vaucluse, et appartient donc à la région PACA.

Cette région est devenue Parc Régional depuis 20 ans. 67 communes, 155000 habitants composent ce territoire coloré, fait de collines, de coteaux et de plaines, aux villes et villages façonnés par les siècles. Nous partons le samedi matin en T.G.V. jusqu'à Marseille, où nous louons une voiture pour nous rendre à Pertuis. Après l'installation à l'hôtel ... nous décidons de nous rendre au Château de la Tour d'Aigues pour y retirer nos dossards. Cette formalité accomplie, retour à l'hôtel pour un honnête repas au restaurant, agrémenté d'un Château de l'Isolette (agréable Côte du Lubéron), titrant tout de même 13°5. A côté de nous, d'autres marathoniens se contentent d'une bien triste carafe d'eau, en lorgnant de façon moqueuse sur notre breuvage pré-compétitif! Hélas, ils ne savaient pas que sur les trois compères aussi dignement attablés, deux monteraient sur le podium le lendemain. Je vous laisse deviner lequel des trois s'est contenté d'applaudir de son fauteuil ses deux copains lors de la remise des prix!!! Après une excellente nuit sous un vrai édredon de plumes, et un petit déjeuner classique, nous voilà partis pour le domaine de Val Joanis, lieu de départ de la course, ou plutôt des courses ; car il faut dire que pour une première édition, l'organisateur n'a pas fait dans la simplicité, puisqu'il ne proposait pas moins de 5 courses (5 km, 10 km, 21 km, marathon en individuel et marathon en équipes). Le départ prévu à 9h12 est donné avec quelques minutes de retard, mais dans la liesse générale. René et Jean-Michel partent à leur rythme de croisière de 15 km/h, rythme qu'ils tiendront jusqu'à l'arrivée, malgré la difficulté du parcours; car, je puis vous assurer que si certaines Côtes du Lubéron sont agréables à descendre, il en est d'autres qui sont bien plus difficiles à monter! de vraies montagnes russes!!! Le parcours du marathon emprunte la route des châteaux, à travers le vignoble. Douceur et lumière caractérise ce pays, royaume des artistes, mais aussi de villages haut perchés, hauts en couleur, avec des falaises d'ocre, d'or de sang. Après Ansouis , siège du château de la famille de Sabran depuis le XIIe siècle, nous traverserons Cucuron avec ses remparts, lieu de tournage du film " Le hussard sur le toit ", et Vaugines où ont été tourné " Manon des sources et Jean de Florette ". La deuxième moitié du parcours nous permettra de découvrir Lourmarin, classé " plus beau village de France ", où reposent de grands écrivains de ce siècle (A. Camus et H. Bosco). Passé le village de Sannes, une succession de côtes et de descentes nous ramènent vers l'arrivée, au pied du magnifique château de la Tour d'Aigues. C'est dans un grand état de fraîcheur physique que je franchis la ligne d'arrivée, mais dans un temps très modeste (ceci expliquant cela !) Il est vrai que j'ai abordé ce marathon de manière particulière, puisque j'avais décidé avant le départ de faire abstraction du chrono, compte-tenu de la difficulté du parcours. Je dois dire que pour une fois, j'ai pu admirer la beauté des paysages traversés. Je retrouve mes deux acolytes, René. et Jean Michel.,le sourire aux lèvres,puisqu'ils terminent respectivement 1er V2 et 5e V1 sur quelques 400 coureurs, excusez du peu! tenir une telle moyenne sur ce type de parcours n'est pas donné à tout le monde! Il est vrai que René DE SOUSA n'est pas le premier venu, car, sur sa carte de visite, figure tout de même une 2e place aux Championnats d'Europe des 24 h sur piste avec 253 kms, un chrono sur marathon de 2h34 (à 47 ans!) et plusieurs podiums sur 100 km. Autant son palmarès est imposant, autant l'homme est modeste et simple : c'est ça la vraie sagesse des grands! Mon autre copain Jean-Michel n'est pas tout à fait inconnu de l'A.C.C.F. puisqu'il a participé au relais Rennes-St Malo en 1995. Licencié au T.A.C., (il m'en voudrait si je ne citai pas cet illustre club de la Corrèze, à laquelle il est si attaché) c'est un homme de côtes : plus ça monte, plus il accélère. Pas étonnant qu'il soit si à l'aise sur ce parcours! Il met toujours un point d'honneur à terminer ses marathons en moins de 3 h. Je t'en prie Jean-Michel, si un jour tu fais 3h01, ne cours pas chez le boucher y dérober un couteau pour te faire hara-kiri ou ne te précipite pas dans la première rivière venue, même s'il s'agit de la plus belle rivière de Corrèze!!! La remise des prix fut à la hauteur de événement. L'organisateur de l'épreuve, Michel Polin avait tenu à assurer une équité parmi les gagnants de chaque épreuve et aucune prime n'était prévue. La vraie course telle que nous la revendiquons dans le plus pur esprit Spiridon!

Bref, vous l'aurez compris, nous avons passé un excellent week-end avec une belle course qui mérite d'être connue. Si certains d'entre vous souhaitent participer à l'édition 1998, je peux leur fournir tous les renseignements nécessaires.

Jacques Royuela